Nouvelle série, Tout ce qu'on sait du projet de Martin Gero
Par Stargate Offworld · Publié le
Trois mois que les fans se battaient pour la nouvelle série Stargate. Le week-end du 30 août, entre une salle de convention à Birmingham et une vidéo YouTube, le pitch de la quatrième série Stargate est enfin sorti de l'ombre.

Trois mois sans rien savoir
Depuis le 3 juin et l’annonce par Variety de l’annulation du projet de Martin Gero les fans se sont mobilisés sans discontinuer. Une pétition qui approche les 120 000 signatures, un avion publicitaire au-dessus des studios de Culver City, des panneaux à Times Square, un rassemblement devant le London Eye et le soutien public d’anciens acteurs et représentants de la franchise. Tout cela pour une série dont le contenu n’avait jamais été rendu public.
Le projet était pourtant allé loin. La writer room avait terminé son travail, la préproduction était lancée au Royaume-Uni, le tournage visait l’automne 2026. Il existait donc des scripts, des plans de décor et une distribution en cours de constitution mais rien n’en est sorti de tout l’été.
Puis il y a eu le week-end du 30 août. Michael Shanks était invité à l’Ascension Con de Birmingham aux côtés de Richard Dean Anderson, Teryl Rothery et Corin Nemec. Devant la salle, il a confirmé qu’il devait reprendre le rôle de Daniel Jackson dans la série de Martin Gero. C’est la seule information venue directement d’une personne attachée au projet. Dans la foulée, David Read de Dial The Gate a partagé d'autres informations.
Les grandes lignes
Tout commence à bord d’un vaisseau. L’Argo, bâtiment de l’US Air Force appartenant à une classe qui n’est jamais apparue à l’écran, les BC-307. Daniel Jackson est à son bord et il s’agit bien du personnage issu de la continuité que nous connaissons, celui du film de 1994 et des séries Stargate.
L’Argo bascule dans une réalité alternative et se retrouve en orbite au-dessus d’une Terre différente de la nôtre. Read n’en dit pas davantage sur le sort du reste de l’équipage, qui reste inconnu.
Dans cette réalité, le programme Porte des étoiles n’a pas suivi le même chemin. Le point de divergence n’a pas été précisé. La porte, elle, n’entre pas en jeu tout de suite : les personnages ne devaient tenter de l’activer qu’après plusieurs épisodes.
Plus d’une demi-douzaine d’acteurs et d’actrices de la franchise étaient attendus sur cette première saison, en rôles récurrents ou en invités. Certains auraient joué des versions alternatives de leurs personnages, d’autres seraient venus directement de la continuité originale, comme Daniel. La saison devait compter dix épisodes. Aucun nom n’a été divulgué en dehors de celui de Shanks.

Daniel Jackson, régulier et non invité
Read précise que Shanks devait figurer au générique en tant que membre du casting régulier et que son personnage devait être l’un des principaux de la série. Il ne s’agissait donc pas d’une apparition ponctuelle.
La franchise a plutôt pris l’habitude inverse, avec des apparitions ponctuelles. Aucune série n’avait jusqu’ici été construite autour d’un vétéran de SG-1 sur la durée.
L’idée de faire de Daniel Jackson un personnage régulier de la série est plutôt intéressante, dans la mesure où c’est l’un des personnages clés de la franchise. Il permet de faire le lien entre les anciens et les nouveaux spectateurs. Pour attirer de nouveaux fans sans perdre les anciens, c’était le bon pari à faire. Ce qui interroge d’autant plus sur le motif de l’annulation.
La réalité alternative, un procédé maison

Le cadre de la série était une réalité alternative, distincte de celle établie par SG-1, Atlantis et Universe. Gero avait indiqué dès l’annonce du projet que sa série s’inscrirait dans l’univers existant sans réinitialiser le canon, et le dispositif permet effectivement de repartir d’un monde neuf sans invalider ce qui précède.
La franchise a exploré ce terrain à plusieurs reprises :
SG-1 1x19, « Une dimension trop réelle » : Daniel traverse le miroir quantique et découvre une Terre en train de tomber
SG-1 3x06, « De l’autre côté du Miroir » : des doubles venus d’ailleurs franchissent le miroir pour demander l’aide du SGC
SG-1 9x13, « Effet domino » : plusieurs SG-1 alternatives convergent vers le même SGC
SG-1 10x13, « Dimension parallèle » : Carter atterrit dans une réalité où le programme a été rendu public et où les Oris s’apprêtent à frapper la Terre
Stargate Atlantis 5x04, « Tous les possibles » : un Dédale à la dérive saute de réalité en réalité
La différence tient à l’échelle. Ces épisodes utilisaient le procédé de façon ponctuelle, sur quarante-deux minutes. Gero comptait en faire la fondation d’une série entière.
C’est là que je vais être un peu moins enthousiaste concernant le scénario. Pour moi, ce pitch est celui d’un épisode de Stargate SG-1 de quarante-deux minutes, pas celui d’une saison entière. Je comprends l’objectif, mais cela manque d’originalité et donne une impression de déjà-vu. Je m’explique.
Dans « Dimension parallèle », on retrouve exactement le même postulat. La divergence entre les réalités remonte à l’attaque d’Anubis : le programme a dû être révélé au grand public, la panique a conduit à l’instauration de la loi martiale aux États-Unis, Landry est devenu président, la coopération internationale s’est effondrée et personne n’a jamais entendu parler d’Atlantis. Quand Carter y arrive, une flotte ori se prépare à frapper.
De tous les épisodes de la franchise, c’est celui dont la structure recoupe le plus celle décrite par Read. Les points communs sont nombreux :
• Un personnage issu de notre continuité est projeté seul dans une réalité alternative, à la suite d’un incident technique
• Il y arrive sans possibilité immédiate de rentrer, et sans savoir ce qu’il est advenu de ceux qu’il a laissés derrière
• Le programme Porte des étoiles y a suivi un autre chemin, ce qui a modifié l’histoire de la planète entière
• Il y croise des versions alternatives de visages familiers, avec des grades, des fonctions et des trajectoires différentes
Et cela ne va pas sans soulever des questions. Est-ce une bonne manière de présenter un univers aussi riche ? La saison 2 serait-elle repartie dans notre réalité ? Quelle place restait-il aux nouveaux personnages ? Et comment présenter ensuite notre continuité à des spectateurs qui auraient découvert la franchise par une réalité alternative ?
L’Argo et la classe BC-307
Le nom du vaisseau s’inscrit dans la continuité de la flotte terrienne, qui a toujours puisé dans le fonds gréco-mythologique : Prométhée, Dédale, Odyssée, Apollo. L’Argo est le navire de Jason et des Argonautes, celui qui emmène un équipage vers des terres inconnues.
La désignation technique, elle, situe la série dans le temps. À l’écran, la franchise n’est jamais allée au-delà du BC-304, la classe du Dédale, de l’Odyssée et de l’Apollo. Un BC-307 suppose plusieurs générations de développement supplémentaires, donc un écart significatif après les événements de SG-1 et d’Atlantis, et une Terre d’origine qui a continué de construire.
Sur ce point, c’est plutôt cohérent. Pas mal d’années se sont écoulées depuis la fin de SG-1 et d’Atlantis, il est donc normal d’en être arrivé au BC-307. Reste à savoir à quoi il aurait ressemblé, et jusqu’où la Terre avait poussé son avance technologique.
LE RETOUR DE LA PORTE MAIS PAS TROP ?

C’est l’élément le plus commenté depuis la publication de la vidéo de Read. Dans une franchise construite depuis 1997 sur l’activation de la porte, les chevrons, la flaque et la traversée, la série de Gero devait attendre plusieurs épisodes avant que quiconque tente de s’en servir.
Les précédents vont dans l’autre sens. Le pilote d’Atlantis envoie l’expédition dans Pégase au bout de quelques minutes. Celui d’Universe fait de la traversée un mouvement de panique dès la scène d’ouverture. Aucune série de la franchise n’avait différé l’usage de la porte.
Sur une saison de dix épisodes, l’attente représente une part importante du récit. Cela implique un feuilleton continu plutôt que l’aventure autonome hebdomadaire qui structurait SG-1, et un premier acte consacré à installer un monde, des personnages et une situation avant d’ouvrir la porte.
Encore un point qui m’interpelle. Pour moi, une série Stargate doit mettre la porte des étoiles en avant, et ce dès le premier épisode. Cela rejoint ce que je reproche au scénario : avant de parler de réalité alternative, de voyage dans le temps ou d’autre chose, il faut montrer la porte et son fonctionnement. Attendre trois ou quatre épisodes pour la voir s’ouvrir, sur une saison qui n’en compte que dix, me paraît difficile à justifier.
DES RETOURS

Plus d’une demi-douzaine d’acteurs et d’actrices de la franchise étaient attendus sur la première saison, sans qu’aucun nom n’ait filtré au-delà de celui de Shanks. Read distingue deux catégories.
D’un côté, des versions alternatives des personnages : le même acteur, un être façonné par une autre histoire, qui ne connaît pas les héros que nous connaissons. C’est le principe déjà employé dans « De l’autre côté du Miroir ». De l’autre, des personnages issus directement de la continuité originale, comme Daniel, dont la présence engage le canon établi.
Premier point, c’est une excellente idée de ramener d’anciens personnages des séries Stargate. Cela installe à l’image une vraie continuité avec SG-1, Atlantis et Universe. Les fans de la franchise retrouvent des têtes connues, les nouveaux spectateurs les découvrent en même temps que les nouveaux personnages, et je ne vois donc pas d’inconvénient à les revoir.
Second point, moins enthousiaste encore une fois : faire intervenir ces personnages dans une saison bâtie sur une réalité alternative n’est peut-être pas le choix le plus judicieux. Il y a un risque réel de perdre les nouveaux spectateurs entre les différentes versions d’un même personnage.
Ce que l'on ne sait toujours pas, malheureusement...
Le tableau reste incomplet. La série n’a jamais eu de titre annoncé et aucun personnage nouveau n’a été nommé. On ignore l’identité des autres acteurs attendus, quel antagoniste devait porter la saison, à quelle époque se déroulait l’action, ce que devenaient Atlantis ou le Destiné dans cette réalité, et par quel mécanisme l’Argo avait basculé dans l'autre réalité. Rien n’indique non plus si le retour de Daniel dans son univers d’origine faisait partie des enjeux du récit.

Pourquoi Amazon NE VEUT PAS DE CE PROJET ?
Selon Variety, qui cite une personne informée du dossier, les dirigeants d’Amazon MGM Studios craignaient que la série de Gero ne trouve pas de public au-delà des fans déjà acquis à la franchise. C’est la seule explication avancée à ce jour, et le studio n’a fait aucune déclaration publique sur le contenu du projet.
La décision est intervenue alors que la writer room avait terminé son travail et que la préproduction était engagée au Royaume-Uni. Le projet avait été commandé en novembre 2025 sous une direction, et annulé sept mois plus tard après un changement d’équipe dirigeante à la tête de la division télévision chez AMAZON MGM STUDIO.
Le scénario laissait quand même une porte ouverte à de nouvaux spectateurs. Ce qui rend la décision assez surprenante.
Conclusion
Au terme de ce dossier, mon sentiment est partagé :
Tout ce qui touche à l’héritage de la franchise me semble juste. Ramener Daniel Jackson en personnage régulier, l’entourer d’une demi-douzaine de visages connus, c’était sans doute le meilleur moyen de tendre la main aux nouveaux spectateurs sans lâcher ceux qui suivent Stargate depuis 1997 voir 1994. La cohérence de la flotte va dans le même sens : un BC-307 après toutes ces années, c’est logique, et ça montre que la Terre n'a pas cessé d'évoluer après les séries. Sur ce terrain, Martin Gero et son équipe savaient visiblement où ils mettaient les pieds.
Mon problème est ailleurs, il est dans le scénario lui-même. Ce que décrit David Read, je l’ai déjà vu, et je l’ai vu dans « Dimension parallèle ». Un personnage de notre continuité projeté seul dans une réalité où le programme a pris un autre chemin, incapable de rentrer, entouré de doubles de ses anciens compagnons : le postulat est le même. Étirer ça sur dix épisodes revient à faire d’un bon épisode la colonne vertébrale d’une saison entière, et je ne suis pas convaincu que cela soit judicieux. Trop de questions restent en suspens. Comment présenter la richesse de l’univers Stargate à travers un monde qui n’est pas le sien ? Que se passe-t-il en saison 2, revient-on chez nous ? Et quelle place restait-il vraiment aux nouveaux personnages ?
S’ajoute à cela la porte des étoiles maintenue fermée pendant plusieurs épisodes. C’est le symbole de la franchise, celui qui lui donne son nom, et le priver de trois ou quatre épisodes sur dix revient à passer un tiers de la saison sans ce qui fait l’identité de la série.
Reste le paradoxe de l’annulation. Amazon a annulé en expliquant craindre une série trop tournée vers les fans historiques. Le motif invoqué ne correspond pas à ce que le pitch laisse voir. Quel est le vrai motif ? Quand Amazon prendra la parole à ce sujet ? Que pensez-vous de ce scénario ?
Mes commentaires peuvent paraître assez négatifs, mais, en réalité, nous n'avons que très peu d'éléments sur cette série. Difficile de porter un jugement réel : on ne peut que juger les informations que l'on a reçues. En tout état de cause, je préfère la série entre les mains de Martin Gero, car il connaît la franchise, il sait ce qu'il fait. Son projet ne verra probablement jamais le jour, mais il ne faut pas baisser les bras et soutenir à fond #SaveStargate. Ne lâchez rien.
Pour d'autres avis sur le sujet, je vous recommande l'article de Stargate Fusion :
https://www.stargate-fusion.com/actualites/1953-michael-shanks-implique-dans-la-nouvelle-serie-stargate-les-premieres-revelations-sur-le-projet-annule-par-amazon.html
Et la vidéo de Marco Maldini :

Sources et crédits : Micheal Shanks, Dial the Gate, Marco Maldini & Stargate Fusion