Mon scénario pour la nouvelle série Stargate
Par Stargate Offworld · Publié le · Mis à jour le
La vision de Stargate Offworld pour l'épisode pilote de la nouvelle série.

Suite à l’information de la reprise du projet de série Stargate par Jac Schaeffer. Je me suis posé la question de comment moi, je verrais le debut de cette série. Qu’est ce qui pourrait me plaire pour une série Stargate tout en gardant le canon des séries SG-1, Atlantis et Universe.
Voici mon épisode pilote pour cette nouvelle série avec un petit prologue pour placer le contexte.
PROLOGUE
Vingt ans.
Vingt ans que le Destinée file à travers l'univers, fidèle à une mission lancée par les Anciens des millions d'années plus tôt. Quand l'équipage était entré en stase pour franchir le vide immense qui séparait deux galaxies, personne ne savait vraiment s'il se réveillerait un jour. Il s'est réveillé. Le vieux vaisseau avait tenu bon.
Puis il y a eu d'autres galaxies, d'autres vides, d'autres étoiles. Des années de traversée, coupés de la Terre, avec pour seul lien les pierres de communication et ces quelques heures volées dans le corps d'un autre, à des milliards d'années-lumière de chez soi.
Et un jour, le Destinée a ralenti à l'approche d'une galaxie qui ne ressemblait à aucune autre. Une galaxie peuplée.
Les premiers relevés ont laissé l'équipage sans voix. Les anomalies rappelaient celles observées des années plus tôt, lorsque le Destinée avait découvert une étoile et une planète bien trop jeunes pour être nées d'elles-mêmes, façonnées par une main inconnue. Mais cette fois, il ne s'agissait plus d'un système isolé. C'était une galaxie entière. La vie s'y était épanouie, avait évolué, jusqu'à donner naissance à des civilisations capables de voyager en hyperespace.
C'est auprès de ces peuples que l'équipage a entendu parler des bâtisseurs. Une civilisation d'une puissance inimaginable, qui aurait façonné les mondes et allumé les étoiles. Puis des êtres hostiles sont arrivés, et les bâtisseurs sont partis. Sans livrer bataille, sans rien détruire. En laissant tout derrière eux.
En explorant la galaxie, le Destinée a croisé une structure colossale : une station sphérique, silencieuse. Les capteurs y ont détecté une porte des étoiles. Une équipe s'y est rendue et a découvert, au cœur de la station, une source d'énergie d'une puissance inconnue. Assez pour alimenter le neuvième chevron.
L'essai a fonctionné. Pour la première fois depuis des années, la porte du Destinée a composé l'adresse de la Terre, et le vortex s'est ouvert sur la Voie lactée.
Sur Terre aussi, les années avaient apporté leur lot de progrès. Les scientifiques étaient parvenus à stabiliser l'utilisation du naquadria, ce qui permettait désormais de composer l'adresse à neuf chevrons depuis la Voie lactée. Mais la source d'énergie de la station résistait à toutes les analyses. Impossible de la reproduire. Et chacun mesurait ce qu'elle représenterait si l'on parvenait un jour à la maîtriser : une énergie capable d'alimenter des défenses sans commune mesure avec tout ce que la Terre possédait, de quoi protéger la Terre comme Atlantis.
Le commandement planétaire a pris sa décision. Une expédition serait installée sur la station pour explorer cette galaxie, percer le secret des bâtisseurs et comprendre l'énergie qu'ils avaient abandonnée. Le général Young conserverait le commandement du Destinée. L'expédition serait confiée au général John Sheppard.
Ce qui suit est l'histoire de cette expédition.
ÉPISODE PILOTE
Dans les couloirs de la base terrienne, les lumières rouges tournaient en silence. Au poste de contrôle, un technicien suivait la séquence sur son écran, la voix posée, presque mécanique.
« Chevron un, enclenché. »
La porte des étoiles pivotait lentement, et chaque symbole s'illuminait dans un claquement sourd qui résonnait jusque dans la salle d'embarquement.
« Chevron six, enclenché. Chevron sept, enclenché. »
Pendant des décennies, l'annonce se serait arrêtée là. Le technicien ne marqua même pas de pause.
« Chevron huit, enclenché. »
Un bourdonnement monta des générateurs. Quelque part sous la base, le naquadria libérait son énergie.
« Chevron neuf… enclenché. »
Le vortex jaillit dans un rugissement, déferla vers la salle, puis se résorba en une surface d'eau lumineuse et parfaitement calme.

Au pied de la rampe, quatre silhouettes attendaient, sacs sur le dos. Le colonel Matthew Scott se tenait devant, les mains sur la sangle de son arme, le regard fixé sur l'horizon des événements. Derrière lui, le sergent Jimenez faisait rouler ses épaules comme avant un combat. Le lieutenant Morrison vérifiait pour la troisième fois sa radio. Le Dr Pierce, lui, contemplait la porte avec une attention muette, comme s'il essayait d'en mémoriser chaque détail.
Des pas pressés résonnèrent dans le couloir. Le Dr Daniel Jackson entra, un sac sur l'épaule, les lunettes légèrement de travers.
« Je ne vous ai pas fait attendre, j'espère ? »
Scott esquissa un sourire.
« On a l'habitude, docteur. »
Daniel se plaça à côté de lui. Pendant une seconde, il regarda la surface ondulante du vortex, avec cette expression que peu de gens savaient lire : celle de quelqu'un qui avait franchi cette porte des centaines de fois, et qui ne s'en lassait toujours pas.
Puis ils montèrent la rampe et disparurent dans la lumière.

Le froid les saisit en premier. Puis l'odeur, métallique et ancienne, celle d'un vaisseau qui voyageait depuis plus longtemps que l'humanité n'existait.
La salle de la porte du Destinée était plongée dans une pénombre bleutée. Les murs, couverts de conduits et de panneaux lumineux, semblaient respirer au rythme des systèmes.
Un homme les attendait au pied de la porte. Les cheveux gris, la carrure toujours solide, les galons de général sur l'uniforme. Everett Young.
« Bienvenue à bord du Destinée. »
Son regard s'arrêta sur Scott, et quelque chose s'adoucit dans ses traits.
« Content de te revoir, Matt. »
Les deux hommes se serrèrent la main, longuement. Il n'y avait rien à ajouter. Ils avaient partagé trop d'années au bout de l'univers, trop de nuits à se demander s'ils reverraient un jour la Terre, pour avoir besoin de mots.
Derrière eux, le vortex s'éteignit.
Au-dehors, à travers les grandes baies du vaisseau, on devinait la silhouette du Destinée, longue et sombre, arrimée au flanc d'une sphère gigantesque dont la surface s'étendait à perte de vue. À côté d'elle, le vieux vaisseau des Anciens paraissait minuscule.
Young se tourna vers Daniel.
« Je vous accompagne jusqu'à la station ? Les couloirs sont longs, et à votre âge… »
Daniel lui lança un regard amusé.
« Merci, général. Je connais le chemin. »

La station ne ressemblait à rien de connu. Les couloirs s'élevaient en courbes immenses, d'un matériau lisse et pâle qui diffusait une lumière douce, sans source apparente. Pas d'angles, presque pas de bruit. Seulement l'écho de leurs pas.
Morrison tournait la tête dans tous les sens. Pierce effleura une paroi du bout des doigts, fasciné. Jimenez, elle, surveillait chaque intersection comme si quelque chose allait en surgir.
Daniel les guidait sans hésiter, tournant à gauche, puis à droite, jusqu'à une porte qui s'ouvrit à leur approche.
Derrière un bureau encombré de tablettes et de rapports, un homme leva les yeux. Les cheveux toujours aussi indisciplinés, un peu plus gris qu'autrefois. Le général John Sheppard.
Daniel s'avança, un sourire en coin.
« Alors, cette nouvelle affectation, elle vous plaît ? »
Sheppard se cala dans son fauteuil et jeta un regard circulaire sur les murs nus.
« C'est moins coloré qu'Atlantis. Et la peinture n'est pas de première fraîcheur. »
Daniel rit doucement, puis fit un pas de côté pour présenter les nouveaux venus.
« Général, voici le colonel Scott, que vous connaissez de réputation. Le sergent Jimenez, le lieutenant Morrison et le Dr Pierce. »
Sheppard se leva. Il les observa un moment, l'un après l'autre, et son sourire s'effaça.
« Je suppose qu'on vous a dit que cette affectation était un honneur. C'en est un. Mais je veux être certain que vous savez où vous mettez les pieds. Ce ne sera pas de tout repos. L'équipe que vous remplacez est morte en mission. Tous. Le choc de cette attaque, et des vidéos qu'on a rapportées, a marqué tout le monde ici. Au point que le commandement planétaire a décidé de renouveler presque tout le personnel de la station. »
Un silence tomba sur la pièce.
Scott soutint le regard du général.
« J'ai passé des années sur le Destinée, mon général. Je sais ce que c'est, de ne pas savoir ce qu'il y a de l'autre côté de la porte. Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. »
Derrière lui, Jimenez, Morrison et Pierce acquiescèrent.

Plus tard, dans le quartier qui leur avait été attribué, l'équipe déposait ses affaires. Morrison fut le premier à rompre le silence.
« Quelqu'un sait ce qui s'est vraiment passé ? Parce qu'au briefing de recrutement, on nous a parlé d'un "incident". Pas d'une équipe entière rayée de la carte. »
Pierce haussa les épaules.
« Ils n'allaient pas l'écrire sur la plaquette. Ils auraient eu moins de volontaires. »
Jimenez claqua la porte de son casier.
« Peu importe ce que c'est. Si ça croise ma route, je vais lui faire passer un sale quart d'heure. »
Morrison la regarda, mi-amusé, mi-inquiet. Pierce, lui, s'assit sur sa couchette et ne dit rien de plus.
« Attendons le briefing », finit-il par murmurer.
La salle de briefing donnait sur l'intérieur de la sphère, un abîme de structures et de lumières qui s'enfonçait à perte de vue. Sheppard se tenait devant un écran où s'affichait une planète.
« Votre première mission vous conduit sur P4X-772. C'est là que l'équipe précédente a trouvé la mort. Avant l'attaque, elle avait installé un relais de mesure près d'une structure des bâtisseurs. Les équipes de sauvetage ont rapatrié les corps et les caméras, mais elles n'ont pas pu récupérer le relais. Je veux ces données. »
Pierce se pencha vers l'écran.
« Qu'est-ce qu'on est censés y trouver, exactement ? »
« C'est justement ce qu'on aimerait savoir, docteur. »
Jimenez croisa les bras.
« Et on a affaire à quoi, là-bas ? »
Sheppard ne répondit pas tout de suite. Au fond de la pièce, appuyé contre le mur, Daniel Jackson n'avait pas dit un mot depuis le début de la réunion. Il leva les yeux.
« Ce que vous pouvez imaginer de pire. »
Personne ne posa d'autre question.
La porte de la station s'ouvrit dans un grondement sourd. L'équipe de Scott se tenait devant, armes en main, prête à partir.
« On y va », dit Scott.
Ils franchirent l'horizon des événements.

De l'autre côté, il n'y avait plus rien. Ou plutôt, il ne restait plus rien. Un champ de ruines s'étendait devant eux, les restes de ce qui avait dû être une ville, autrefois. Des murs effondrés, des toits arrachés, des rues entières réduites en gravats sous un ciel gris et immobile.
Puis Morrison s'arrêta net.
« Mon colonel… »
Des squelettes. Partout. Dans les rues, sur les seuils, dans les encadrements des portes. Des centaines d'habitants de la planète, figés dans leurs derniers gestes. Les os étaient intacts, propres, presque blancs. Comme si la chair avait brûlé d'un seul coup, en un instant.
Jimenez déglutit. Pour la première fois, elle ne trouva rien à dire.
Ils avancèrent en silence. Un peu plus loin, le sol s'ouvrait sur d'immenses cavités, profondes, aux bords parfaitement nets. Et partout autour, des galeries s'enfonçaient dans la terre, comme si quelque chose y avait creusé son chemin.
« Qu'est-ce qui a pu faire ça ? » souffla Morrison.
Personne ne répondit.
Le relais était là où le briefing l'avait indiqué, à l'ombre d'une structure lisse et pâle qui rappelait les murs de la station. Pierce s'agenouilla et brancha sa tablette. Les données commencèrent à défiler.
C'est en revenant vers les autres que Morrison la vit, à demi enfouie dans la poussière. Une caméra piéton. Oubliée par les équipes de sauvetage.
Il la ramassa, essuya l'objectif d'un revers de manche et lança la lecture.

L'image tremblait. On y voyait un militaire, le visage déformé par la terreur, qui courait à perdre haleine. Il regardait par-dessus son épaule, hurlait quelque chose que le son saturé rendait incompréhensible. Puis il trébucha. La caméra lui échappa, roula sur le sol, s'immobilisa face au ciel.
Pendant quelques secondes, rien.
Puis une grande lueur rouge envahit l'écran.
Et le silence.
Morrison fixait la tablette, incapable de détacher les yeux de l'image figée. Jimenez avait pâli. Pierce, lui, regardait les squelettes autour d'eux, et commençait à comprendre.
Scott reprit la caméra des mains de Morrison.
« Il n'y a plus rien à faire ici. On rentre. »
De retour sur la station, Scott ne prit même pas le temps de se changer. Il traversa les couloirs d'un pas rapide et se présenta au bureau de Sheppard.
« Mon général. Je veux savoir à quoi on a affaire. »
Sheppard le regarda longuement. Puis il hocha la tête.
« Fermez la porte. »
La porte se referma derrière Scott.
Dans le réfectoire, Jimenez et Morrison partageaient un café que ni l'un ni l'autre ne buvait vraiment.
« Tu crois qu'il va nous dire ce que c'était ? » demanda Morrison.
« Il a intérêt », répondit Jimenez.
Ils levèrent les yeux en même temps. Scott venait d'apparaître au bout du couloir. Il marchait lentement, pensif, la mine fermée. Ce n'était plus le même homme qu'à leur arrivée.
Il s'arrêta devant leur table. Pierce les rejoignit quelques secondes plus tard.
« Je sais maintenant à quoi on a affaire, dit Scott. Et je ne vais pas vous mentir : si l'un de vous veut changer d'avis, c'est maintenant. Personne ne vous le reprochera. »
Le silence s'étira.
Jimenez fut la première à secouer la tête. Puis Morrison. Puis Pierce.
Personne ne partit.
Le soir venu, la station s'était faite plus silencieuse encore. Dans le bureau de Sheppard, Daniel tournait entre ses doigts la caméra retrouvée sur P4X-772.
« Je ne comprends pas. Les équipes de sauvetage ont ratissé le site. Elles ont rapporté tous les enregistrements de l'équipe. Comment ont-elles pu passer à côté de celle-ci ? »
Sheppard soupira.
« Je n'en sais rien. Mais Scott a vu les images. Je ne pouvais plus lui cacher la vérité. Alors je lui ai tout dit. »
Daniel reposa la caméra sur le bureau.
« Vous avez revu les enregistrements rapportés par les secours ? »
« Tous. Plus de fois que je ne l'aurais voulu. »
« Ouvrez la vidéo n°5. »
Sheppard fronça les sourcils.
« Je l'ai déjà vue, Daniel. »
« Je sais. Mais il y a un détail que vous n'avez pas remarqué. »
Sheppard le dévisagea un instant, puis pivota vers son écran et lança la lecture.
L'image apparut, en gros plan. Une caméra piéton, fixée sur le gilet d'un soldat. Une équipe SG avançait entre des bâtiments encore debout, sous un ciel clair. Quelqu'un plaisantait hors champ. Une journée d'exploration comme tant d'autres.
Puis le sol se mit à trembler.
D'abord à peine. Puis plus fort. Les murs vibraient, la poussière tombait des toits, les soldats s'arrêtaient, échangeaient des regards. Le ciel s'obscurcit d'un coup.
« C'est un orage ? » demanda une voix.
Ce n'était pas un orage.
Quelque chose descendait à travers les nuages. Un vaisseau gigantesque, mi-organique, mi-métallique, dont la surface semblait à la fois vivante et forgée. Il se posa au-dessus de la ville, et quatre sortes de pattes immenses s'abattirent dans le sol, s'y enfonçant comme des racines. Au centre de la structure, une poche palpitait, entourée de sortes de canons.
La poche s'ouvrit.
Des formes en sortirent. Impossible de dire à quoi elles ressemblaient : elles bougeaient trop vite, trop sombres, et disparaissaient aussitôt dans le sol, comme si la terre les avalait.
« Repliez-vous vers la porte ! Maintenant ! »
L'équipe recula. Pendant quelques secondes, il ne se passa rien. Puis le sol se souleva juste derrière l'un des soldats. Une forme en jaillit et s'abattit sur son dos. L'homme s'effondra.
Les autres prirent la fuite. La caméra tressautait, l'image n'était plus qu'une succession de secousses et de cris.
Au-dessus d'eux, les canons du vaisseau s'illuminèrent.

Un faisceau rouge balaya la ville. Là où il passait, les corps se désagrégeaient en un instant, toute la chair arrachée, consumée, effacée. Il ne restait que des squelettes, qui s'effondraient sur le sol dans un bruit sec.
Daniel tendit la main et mit l'image sur pause.
À l'écran, figé au milieu du chaos, le soldat attaqué par la créature gisait face contre terre. La forme toujours accrochée à son dos.
Sheppard se pencha vers l'écran. Lentement, il comprit.
« Son corps… »
Daniel acheva la phrase à sa place.
« … n'a jamais été retrouvé. »
L'écran s'éteignit.
Fin de l’épisode pilote.