Colin Cunningham : de Major Davis à Vortigern
Par Stargate Offworld · Publié le
Invité du podcast Traverse the Stars, l’interprète du major Paul Davis est revenu sur ses années Stargate, ses souvenirs de plateau et son rôle de Vortigern.

Visage récurrent de Stargate SG-1 et passé aussi par Atlantis, Colin Cunningham a longuement échangé avec Jeff, l’animateur du podcast Traverse the Stars. Au programme : son amour du cinéma, Stargate, et son rôle de roi tragique dans la série Le Cycle de Pendragon : L'Ascension de Merlin.
Élevé au cinéma classique
Colin Cunningham a grandi devant la télévision qui rediffusait sans cesse les vieux films faute de nouveaux programmes. James Cagney, Cary Grant, Charlie Chaplin, Buster Keaton, les westerns de John Ford : il a tout dévoré, comme son père avant lui . Ces films ont façonné sa vision du monde, son sens de l’honneur. Il s’amuse aujourd’hui de retrouver tout ce qui a fait de lui ce qu’il est… au fond d’un bac de DVD à deux dollars dans un supermarché.
Une série qui ne prenait jamais le public de haut
Ce qu’il a toujours aimé dans Stargate, c’est son intelligence. La série ne prenait jamais le public pour des idiots et utilisait la science-fiction pour raconter des histoires humaines : l’amour, la perte, les conséquences de ses choix ou la manière de préserver son humanité face à des êtres qui n’en ont pas. Il insiste aussi sur l’ambiance du plateau : même dans la boue, la neige et le froid, on travaillait dur, mais on riait beaucoup.
Il salue au passage le soin apporté aux détails, notamment par l’équipe des costumes : les uniformes de l’US Air Force n’étaient pas de simples déguisements mais une représentation fidèle à la réalité.
Davis, un homme tiraillé
Martin Wood, ou peut-être Brad Wright, avait été clair dès le départ : la série avait déjà eu ses méchants issus du gouvernement et Davis ne devait pas en faire partie. Une vision que partageait Colin Cunningham, qui voulait jouer un homme tiraillé, contraint d’exécuter des ordres difficiles tout en voyant leurs conséquences sur le terrain, sans pour autant devenir un robot sans cœur.
Avec le recul, il se dit simplement chanceux d’avoir fait partie de ce « canon ». Les fans ont même surnommé son personnage « Major Disaster » tant Davis débarque chaque fois que la situation dégénère.
L’invité qui ne pensait jamais revenir
Après sa première apparition il était convaincu de ne jamais revenir. Puis on l’a rappelé encore et encore. Persuadé que chaque épisode serait le dernier, il avoue n’avoir commencé à retenir les noms de l’équipe qu’au bout de six ou sept apparitions. Même lorsque Davis a rejoint SG-1 en mission, il ne s’est jamais considéré comme faisant partie de l’équipe : il était juste heureux d’être là, même si terrifié à chaque tournage.
Il raconte aussi son tout premier épisode : Don S. Davis l’avait pris sous son aile à ses débuts à Vancouver, et il tenait absolument à ne pas le décevoir.
Le geste d’Amanda Tapping
Un jour, Colin Cunningham n’arrivait plus du tout à se souvenir de son texte, avec une cinquantaine de personnes qui attendaient. Peter DeLuise s’est montré très compréhensif. Puis Amanda Tapping a à son tour, oublié une réplique, ce qui l’a aidé à se détendre . Ce n’est qu’une fois rentré qu’il a compris : elle connaissait parfaitement son texte et avait fait semblant simplement pour faire retomber la pression.
Il se souvient aussi de sa première entrée dans le studio : la Porte des étoiles était bien là, immense, avec sa rampe et non un fond bleu ajouté plus tard.
Revoir enfin la série
Détail étonnant : Colin Cunningham n’a jamais vraiment regardé Stargate. Chaque fois qu’il voyait un épisode où il jouait, il ne regardait que sa propre performance. Il se dit prêt, désormais à revoir la série pour ce qu’elle est. Il se souvient d’ailleurs d’un épisode sans lui où Daniel bascule du côté obscur, qui l’avait bluffé par la performance de Michael Shanks .
Une nouvelle série ? Oui, mais…
Interrogé sur la mobilisation #SaveStargate, il est catégorique : Stargate devrait revenir. Pour lui ce ne serait même pas une question d’argent, car une telle série serait un énorme succès financier. Le problème, selon lui, est que pour réussir, elle devrait rester fidèle à l’idée originale et que cette idée ne serait plus vraiment la bienvenue à Hollywood aujourd’hui.
Vortigern, un roi rongé par la fin
Dans Le Cycle de Pendragon : L'Ascension de Merlin incarne Vortigern, roi brutal du Ve siècle. Plutôt que d’en faire un guerrier séduisant, il a demandé au maquilleur Jeff Dawn, oscarisé pour Terminator 2, d’en faire un roi malade, affaibli, vieilli avant l’âge, qui sent sa fin approcher. Il s’est même rasé la tête pour le rôle.
Il a aussi proposé une idée devenue l’un des fils rouges de son arc : Vortigern confie à un jeune garçon la dague avec laquelle il vient de tuer un druide. Ce même enfant finira par le tuer avec cette arme. Il raconte également avoir esquivé une flèche imaginaire pendant une prise, offrant au passage du travail à l’équipe des effets visuels qui l’a ajoutée au montage .
Son rôle lui a valu un Leo Award du meilleur acteur principal dans une série dramatique. Il estime que la série a été boudée par une partie de la critique et des médias en raison de la personnalité de son producteur et qu’elle a malgré tout trouvé son public par le bouche-à-oreille, jusqu’à se hisser parmi les séries les plus regardées sur Amazon.
Et ensuite ?
Colin Cunningham a tourné un film avec Mads Mikkelsen, l’un de ses héros, et deux autres projets se préparent dans l’Utah. Superstitieux, il préfère ne pas en dire plus. Il se dit simplement reconnaissant d’être toujours dans le métier, et de parler encore de Major Davis plus de vingt ans après.
Interview à retrouver ici :

Sources et crédits : Traverse the Stars Podcast, interview de Colin Cunningham